Mieux comprendre les tarifs douaniers
Qu’est-ce qu’un tarif douanier ?
Un tarif douanier est une taxe sur les biens ou services qui traversent une frontière.
Types de tarifs douaniers
- À l’importation : Tarif sur les biens entrant dans votre pays. Augmente les coûts si vous importez.
- À l’exportation : Tarif sur les biens envoyés à l’étranger. Rendent vos produits plus chers dans le pays visé.
Qui impose et paie les tarifs ?
Les gouvernements fixent les tarifs. Ils sont ensuite payés directement par les acheteurs, donc les importateurs et les exportateurs.
Pourquoi les gouvernements imposent-ils des tarifs ?
Les tarifs visent à protéger les industries locales en rendant les produits étrangers plus chers. Ils peuvent aussi être utilisés comme mesure de réciprocité dans des conflits commerciaux – par exemple : le Canada impose des contre-tarifs à l’importation pour répliquer aux tarifs à l’exportation des États-Unis.
Impact sur les prix
Les tarifs augmentent les prix, car le prix avec tarif = prix avant tarif versé à l’entreprise + tarif versé au gouvernement.
Comment les tarifs des États-Unis et les contre-tarifs du Canada affectent-ils votre entreprise ?
- Si vous exportez vers les États-Unis :
Les tarifs américains augmentent le prix de vos produits, réduisant ainsi leur compétitivité par rapport aux mêmes produits offerts par les entreprises américaines. Exemple : si un tarif de 25 % est imposé sur vos produits américain, votre revenu sera le même mais l’acheteur paiera 25 % de plus en raison du tarif. - Si vous importez des produits américains :
Le Canada impose des contre-tarifs sur plusieurs produits américains, augmentant ainsi le coût d’importation de ces produits. Exemple : si un contre-tarif de 25 % est imposé sur un produit américain, son coût d’importation augmente alors de 25 %.
Quels sont les impacts sur le commerce de détail québécois ?
Un climat d’incertitude et d’inquiétude circule en ce moment chez les détaillants, mais aussi auprès des consommateurs.
Assurément, ces mesures affectent le coût des marchandises importées, la chaîne d’approvisionnement et la compétitivité des entreprises locales.
Plus concrètement, l’augmentation des tarifs entraînera une hausse du prix des produits importés, ce qui pèse sur les marges des détaillants et peut se répercuter sur les consommateurs.
Et puisqu’une augmentation des prix de vente peut modifier les habitudes d’achat et réduire le pouvoir d’achat des Québécois, une baisse des ventes, pouvant mener à des pertes d’emploi, est à craindre.
Aussi, la modification des accords commerciaux et des réglementations douanières peut complexifier les opérations d’importation et rallonger les délais de livraison.
Quelques pistes de solutions
Face à ces défis, les détaillants québécois doivent s’adapter pour minimiser l’impact de cette guerre tarifaire.
Parmi les stratégies envisagées, on retrouve d’abord la diversification des sources d’approvisionnement. À court ou moyen terme, les exportateurs peuvent chercher à conquérir de nouveaux marchés situés au Canada et hors des États-Unis. Également, les importateurs peuvent chercher de nouveaux fournisseurs non-américains pour combler leurs besoins et ainsi réduire la dépendance aux produits soumis à des tarifs élevés.
Les produits québécois et canadiens, profitant actuellement d’un intérêt hors du commun de la part des consommateurs, méritent d’être mis de l’avant.
Également, l’optimisation des coûts et des processus logistiques doivent être analysées afin de maintenir des prix compétitifs et les détaillants n’ont d’autres choix que d’innover et devenir plus efficaces, réduisant ainsi l’impact du tarif et améliorant leur rentabilité. Toutefois, ces effets prennent du temps à se matérialiser.
Évidement, de notre côté, nous poursuivons notre collaboration avec nos membres, nos partenaires et les instances gouvernementales pour influencer les politiques commerciales et obtenir du soutien pour le secteur.
Mise à jour – 25 août 2026 : nouvelles contre-mesures canadiennes
La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis connaît une nouvelle escalade.
À la suite de l’imposition par les États-Unis, le 22 août, de droits de douane de 50 % sur des produits canadiens représentant 27,6 milliards de dollars, le gouvernement du Canada a annoncé une nouvelle série de contre-mesures. Les négociations commerciales avec les États-Unis ont par ailleurs été suspendues par le Canada.
À compter du 8 septembre 2026, le Canada imposera des droits de douane supplémentaires de 15 %, 25 % ou 50 % sur des produits américains représentant également 27,6 milliards de dollars d’importations. Les taux appliqués varieront selon les produits visés.
Pour le commerce de détail, plusieurs catégories sont directement concernées. Les meubles et les vêtements seront notamment assujettis à des contre-mesures de 50 %, tandis que l’électroménager sera notamment visé par des droits de 25 %. L’électronique fait également partie des secteurs couverts par la nouvelle série de contre-mesures.
Ces nouvelles mesures peuvent avoir des effets importants pour les détaillants qui s’approvisionnent aux États-Unis : augmentation du coût de certains produits, pression supplémentaire sur les marges, recherche de fournisseurs alternatifs et possibles ajustements des prix de vente.
Des mesures de soutien pour les entreprises touchées
En parallèle des contre-tarifs, le gouvernement fédéral a annoncé 7,5 milliards de dollars en mesures nouvelles ou bonifiées destinées aux travailleurs et aux entreprises, avec une attention particulière aux PME et aux secteurs directement touchés par les droits de douane.
Pour les détaillants et entreprises touchés, les principales mesures à surveiller sont :
- Initiative régionale de réponse tarifaire : ajout de 1,5 milliard de dollars. Le plafond des contributions non remboursables passe de 1 M$ à 3 M$, et le soutien aux besoins démontrés en liquidités pourra atteindre 2 M$.
- Programme Pivoter pour se propulser de la BDC : ajout d’un volet de liquidités de 500 M$, accessible aux entreprises directement touchées par les tarifs, peu importe leur secteur. Les prêts pourront aller de 250 000 $ à 5 M$, avec paiements d’intérêts seulement pendant 36 mois. Le seuil minimal de revenu annuel pour accéder aux programmes liés aux tarifs est abaissé à 1 M$.
- Fonds de diversification pour un Canada fort : 2 milliards de dollars supplémentaires pour soutenir des entreprises touchées ayant des projets prêts à démarrer et favoriser leur adaptation aux perturbations commerciales.
- Soutien à l’emploi : une enveloppe de 3,5 milliards de dollars prévoit notamment des mesures d’assurance-emploi ainsi qu’un nouveau Programme de maintien à l’emploi et de réorientation de la main-d’œuvre pour aider les employeurs à conserver leurs travailleurs.
- Grandes entreprises : le gouvernement assouplit également les conditions du Crédit pour les grandes entreprises touchées par les droits de douane, notamment en prolongeant les périodes de soutien aux liquidités et la durée maximale des prêts.
Veille tarifaire et mesures pour les entreprises québécoises
La Direction générale des politiques commerciales et des relations extérieures du gouvernement du Québec met à disposition de tous et toutes un portail complet sur la question. Celui-ci est mis à jour régulièrement.
Le CQCD en action
Face aux menaces tarifaires, le CQCD a tenu 2 séances de consultation avec ses membres le 7 février 2025.
Plusieurs enjeux et préoccupations en sont ressortis et quelques pistes de solution également.
Le 25 février 2025, des membres ont été invités à venir discuter de leurs préoccupations auprès de l’honorable François-Philippe Champagne, ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie.
Le CQCD suit de près l’évolution du conflit commercial entre le Canada et les États-Unis et ses répercussions sur le commerce de détail québécois.
Les nouvelles contre-mesures canadiennes toucheront directement plusieurs catégories de produits vendus par les détaillants, notamment les vêtements, les meubles et l’électroménager. Le CQCD demeure en contact avec ses membres et les gouvernements afin de documenter les impacts sur les coûts d’approvisionnement, les chaînes logistiques, les marges et les consommateurs.
Le CQCD accueille favorablement la mise en place de mesures permettant au Canada de défendre ses intérêts commerciaux. Il demeure toutefois essentiel que les entreprises touchées, y compris les détaillants, puissent avoir accès rapidement à des mécanismes de soutien adaptés à leur réalité.
Nous continuerons de suivre l’évolution des tarifs, des programmes d’aide et des négociations commerciales et de mettre cette page à jour afin de fournir aux détaillants québécois l’information la plus pertinente.
Vous êtes touché par les nouvelles mesures?
Communiquez avec le CQCD pour nous faire part de votre situation et des impacts observés sur votre entreprise.