Certes, le Budget 2026-2027 contient quelques mesures qui devraient toucher positivement les détaillant·es, dont la facilitation du repérage de produits québécois par la bonification du financement de l’organisme Les Produits du Québec, la poursuite de plusieurs initiatives du Plan PME 2025-2028, les mesures liées à la gestion des dépenses gouvernementales et à l’achat local, ainsi que les sommes visant le tourisme et les activités culturelles, qui favoriseront indirectement l’activité commerciale. Toutefois, l’envergure de ces annonces et, surtout, leurs répercussions concrètes sur les détaillant·es du Québec demeureront modestes.
Pourtant, dans ses représentations prébudgétaires, le CQCD avait clairement exprimé les préoccupations des détaillant·es à l’approche de ce budget. En effet, le secteur se trouve aujourd’hui à un point de rupture, car pris entre l’accélération des exigences réglementaires nationales et une concurrence internationale numérique qui s’affranchit de nos standards. En vue de transformer ces défis en leviers de productivité et d’équité, le mémoire du CQCD avait identifié deux grands axes d’intervention, soit :
- (a) l’urgence d’instaurer une plus grande agilité réglementaire ;
- et (b) le rétablissement de l’équité de marché, notamment face à la concurrence déloyale que représentent les plateformes Shein et Temu.
« Il y a urgence d’agir face à la concurrence déloyale des plateformes en ligne étrangères qui offrent des milliers de produits à prix dérisoires et ne respectent pas les normes de qualité, de sécurité et environnementales en vigueur. Les dommages occasionnés pour les commerces québécois sont sévères, mais aucune mesure concrète n’a été annoncée pour empêcher ces plateformes de profiter du flou juridique existant. Pourtant, le gouvernement comprend fort bien l’importance de protéger son propre « marché », avec une série de mesures touchant l’équité fiscale (récupération des créances gouvernementales et construction résidentielle) et la lutte contre l’évasion fiscale. Au cours des prochains mois, le CQCD renouvellera ses efforts en vue de faire valoir au gouvernement que ces mêmes considérations sont également importantes pour les travailleurs et les entreprises d’ici », conclut M. Silès.