Dans le même esprit, Catherine Blais, gestionnaire senior Produits et programmes chez lululemon, rappelle que sans objectifs précis, il devient impossible de mesurer le succès. Et sans l’implication consciencieuse des utilisateur·trices, les solutions livrées s’intègrent mal à la réalité quotidienne des équipes, ou ne répondent que partiellement au besoin initial. Ce décalage, on le constate partout : la technologie avance souvent plus vite que la capacité des organisations à l’absorber.
Justement, l’IA transforme certes les outils, mais surtout les façons de travailler. Les projets les plus performants sont ceux dans lesquels les équipes sont intégrées dès le départ, où les rôles sont clairs et qui permettent activement le changement sur le terrain. À l’inverse, les projets imposés de manière descendante génèrent méfiance, adoption superficielle et contournement des outils. L’IA n’est pas qu’un projet technologique. C’est aussi un projet de transformation culturelle. Investir autant dans l’accompagnement que dans la technologie, communiquer régulièrement avec les équipes et donner à celles-ci le droit d’expérimenter font toute la différence.
Comme le souligne Alexandre Aubertin, gestionnaire et chef d’équipe eCommerce chez Patrick Morin :
Pour réduire la réticence des équipes, la formation et l’implication sont essentielles. Les équipes doivent comprendre les plateformes, se les approprier et savoir les utiliser à leur plein potentiel. Sans cela, l’adoption demeure fragmentée.
Catherine Blais ajoute également qu’au sein de plusieurs organisations, à peine 10 % des employé·es utilisent réellement les outils d’IA. Les autres observent, hésitent ou résistent. Cette dynamique crée une dépendance à quelques « champion·nes » internes et mène souvent à une perte de momentum. Sans plan structuré d’éducation et d’accompagnement, l’IA demeure un projet expérimental plutôt qu’un véritable levier collectif.