Commerce déloyal des grandes plateformes étrangères de commerce en ligne (comme Shein & Temu)

Depuis quelques années, les géants chinois de la vente en ligne, comme Temu et Shein, envahissent le marché canadien avec leurs produits à bas prix, souvent au détriment des commerces locaux et des standards de qualité, de sécurité et de respect de l’environnement. Ces entreprises inondent le marché sans répondre aux mêmes normes de concurrence que les entreprises canadiennes.

Une telle absence de régulation ne sert ni l’économie canadienne ni les consommateurs. De telles plateformes bénéficient souvent d’avantages financiers et d’un accès à des ressources bon marché, ce qui leur permet de proposer des prix que peu de commerçants d’ici peuvent concurrencer. Ces produits, bien qu’attrayants par leurs coûts, reposent fréquemment sur des pratiques de production critiquables et des normes de qualité inférieures.

Les entreprises de chez nous, en revanche, doivent respecter les lois canadiennes sur les salaires, la sécurité des travailleurs, les réglementations environnementales, ainsi que les exigences de santé et de sécurité pour les consommateurs. Ce déséquilibre crée une concurrence déloyale qui fragilise grandement notre tissu économique, met en péril des milliers d’emplois et représente un danger pour la population.

Recommandations du CQCD:

1. Définir légalement la mode ultra éphémère

Le CQCD recommande que le gouvernement fédéral établisse une définition claire de la mode ultra éphémère. Cette définition permettrait de mieux cibler les plateformes et les pratiques commerciales fondées sur un très grand volume de produits, un renouvellement accéléré, des prix très bas, une faible durabilité et un manque de traçabilité.

L’objectif est de créer une base juridique solide pour encadrer ces modèles sans pénaliser les détaillants qui investissent dans des pratiques responsables.

2. Renforcer les contrôles et l’application des règles

Le CQCD demande que les règles canadiennes soient appliquées avec la même rigueur à tous les vendeurs qui desservent le marché canadien, peu importe leur pays d’origine ou leur canal de vente.

Les plateformes étrangères doivent être soumises à des contrôles effectifs en matière de sécurité des produits, douanes, fiscalité, étiquetage, concurrence, environnement et protection des consommateurs.

3. Clarifier la responsabilité des plateformes

Les plateformes étrangères, les places de marché et les vendeurs tiers doivent avoir des responsabilités claires lorsqu’ils vendent ou facilitent la vente de produits aux consommateurs canadiens.

Lorsqu’une plateforme héberge des offres, traite des paiements, organise la livraison ou cible directement les consommateurs d’ici, elle ne peut pas être considérée comme un simple intermédiaire sans responsabilité.

4. Protéger les consommateurs et les commerces locaux

Les produits vendus aux consommateurs canadiens doivent respecter les standards canadiens, qu’ils soient achetés en magasin, sur le site d’un détaillant local ou par l’intermédiaire d’une plateforme étrangère.

Le respect des règles ne doit pas devenir une pénalité concurrentielle pour les détaillants établis au Québec et au Canada.

5. Sensibiliser les consommateurs

Le CQCD recommande une campagne nationale d’information sur les impacts de la mode ultra éphémère : faible durabilité des produits, enjeux de sécurité, manque de traçabilité, pression sur les commerces locaux et coûts environnementaux assumés par la collectivité.

L’objectif est d’aider les consommateurs à faire des choix mieux informés, sans restreindre leur liberté d’achat.

Nos actions

Automne 2024 – Hiver 2025

Le CQCD a lancé ses travaux sur la concurrence déloyale avec ses détaillants membres dès l’automne 2024. En décembre, une lettre ouverte cosignée par 22 détaillants a été transmise aux gouvernements fédéral et provincial afin de demander une intervention face à la montée de plateformes étrangères comme Shein et Temu. Le dossier a ensuite été intégré aux consultations prébudgétaires du Québec dès janvier 2025.

Printemps – Été 2025

En avril 2025, le CQCD a mené une deuxième offensive publique, appuyée cette fois par 69 détaillants signataires. Cette démarche visait à interpeller les partis politiques fédéraux et à obtenir des engagements plus clairs sur l’encadrement des plateformes étrangères. Le CQCD a également publié plusieurs vagues de son Baromètre CQCD-ORAMA afin de documenter la progression du phénomène et a intégré cet enjeu à ses représentations prébudgétaires fédérales. 

Automne 2025 – Hiver 2026

Le CQCD a recentré son discours sur l’application des lois existantes, l’équité réglementaire et la concurrence loyale. L’objectif : faire progresser la conformité des plateformes étrangères et s’assurer que les règles applicables aux détaillants d’ici soient également respectées par les acteurs qui ciblent le marché québécois. Le dossier a de nouveau été porté dans le cadre des consultations prébudgétaires au provincial et au fédéral.

2026

Le CQCD a poursuivi ses travaux avec ses membres dans le cadre du Comité Commerce déloyal. Les données issues des Baromètres confirment que Temu et Shein s’installent dans les habitudes d’achat des consommateurs, avec une fréquence d’achat de plus en plus régulière. Ces constats alimentent les représentations du CQCD auprès des gouvernements, des élus et des médias.