Des recommandations pour appuyer la reprise et le développement du commerce de détail au Québec - CQCD

Des recommandations pour appuyer la reprise et le développement du commerce de détail au Québec

Dans le cadre des consultations prébudgétaires 2022-2023 du gouvernement du Québec, le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) a déposé un mémoire le 17 février 2022 pour faire plusieurs recommandations au gouvernement sur plusieurs enjeux qui touchent le secteur du commerce de détail. Ce document contient des proposions concrètes relatives à des mesures pour favoriser la reprise des activités, attaquer de front les enjeux de main-d’œuvre dans le secteur du commerce de détail, favoriser le virage numérique des détaillants et implanter rapidement le plan d’action de l’allègement réglementaire pour le commerce de détail.

Suggestions à court terme pour favoriser la reprise du commerce de détail

commerce et pandémie

1- Programme de soutien en cas de pandémie

Il se peut que d’autres vagues liées à la COVID-19 émergent et résultent dans l’imposition de nouvelles mesures sanitaires. Afin de ne pas mettre en place des outils de soutien qui sont détaillés dans l’urgence, il serait bien d’envisager un programme permanent, qui serait activé lorsque les mesures sanitaires atteignent un niveau désigné, aidant à combattre l’imprévisibilité causée lors des dernières vagues.

Proposition 1

Mettre en place un programme permanent de soutien des entreprises en cas de contraintes sanitaires, qui serait activé automatiquement lorsque les mesures sont annoncées.

frais de cartes de crédit dans les commerces

2 – Les frais de transaction par carte de crédit à 0,5 %

Une des mesures qui pourraient permettre de récupérer des fonds pour favoriser la reprise, est la réduction des frais de transaction par carte de crédit. La demande suivante ne concerne pas directement le budget du Québec, mais est plutôt une demande d’appui dans nos démarches auprès du gouvernement fédéral. Une réduction de ces frais de transaction augmenterait la compétitivité des détaillants au Québec.

L’explosion, puis la stabilisation du commerce en ligne coordonnées à l’utilisation des cartes de paiements comme la carte de crédit mettent une pression énorme sur les détaillants. Rappelons que l’utilisation des cartes de paiements, particulièrement la carte de crédit, n’est pas gratuite. Des frais, les frais d’interchange, sont chargés au détaillant pour l’utilisation de ces services. Généralement, ces frais représentent un pourcentage de la valeur de la transaction.

Si ces frais existent pour la carte de débit, ils sont plafonnés et parmi les plus bas au monde. C’est tout le contraire pour les frais des cartes de crédit. Pour ceux-ci, le Canada partage malheureusement les plus hautes marches du podium.

Afin de rétablir une certaine compétitivité, nous aimerions que le gouvernement fédéral intervienne pour plafonner à 0,5 % les frais de transaction par carte de crédit, ce qui ramènerait les frais de celles-ci à un niveau semblable à celui de l’Europe ou d’autres états comme l’Australie.

Proposition 2

Le gouvernement du Québec pourrait supporter notre demande auprès du gouvernement fédéral de réglementer les frais d’interchange, en obligeant les émetteurs de cartes de crédit à les réduire à une moyenne maximale de 0,5 %.

Favoriser le développement du secteur du commerce de détail

enjeux de main-d'œuvre

3- Les enjeux de main-d'œuvre dans le commerce de détail

Au troisième trimestre de 2021, il y avait plus de 28 000 emplois non comblés dans le commerce de détail au Québec. Il s’agit du principal problème du secteur. Le nombre d’entreprises à la recherche d’employés constitue une part appréciable de l’industrie.

Le CQCD salue les diverses initiatives que le gouvernement a annoncées au cours des derniers mois : accès aux travailleurs temporaires étrangers et maintien des quotas d’immigration. Ces gestes permettent d’alléger un peu le poids de ce problème.
Néanmoins, nous savons que le choc démographique sera la réalité du marché du travail pour les prochaines années. Ainsi, plusieurs solutions pourraient être envisagées :

  • L’atteinte, malgré les contraintes liées à la pandémie, des quotas d’immigration et envisager de les augmenter;
  • Une approche fiscale agressive pour maintenir le plus longtemps possible les travailleurs expérimentés en emploi. La Commission d’examen sur la fiscalité québécoise, présidée par Luc Godbout, proposait de transformer le crédit d’impôt non remboursable de prolongement de carrière en crédit remboursable. Cela est, selon nous, une voie à envisager.

Proposition 3

Augmenter les bassins de main-d’œuvre disponible en agissant sur deux aspects :

  • Atteindre, malgré les contraintes de la pandémie, les quotas d’immigration;
  • Améliorer les aspects fiscaux pour les travailleurs expérimentés en transformant, entre autres, certains crédits d’impôt.

De plus, il existe maintenant une compétition entre les industries pour attirer les talents. Le commerce de détail subit actuellement une mauvaise presse non justifiée. Le salaire offert est plus élevé qu’auparavant et nombre d’employés font maintenant carrière au sein de l’industrie. À ce titre, afin d’attirer du personnel, nous avons besoin d’une campagne de promotion dans le secteur.

Proposition 4 

Soutenir une campagne de promotion des carrières au sein de l’industrie.

Également, la performance numérique suppose aussi un investissement dans le développement d’une main-d’œuvre qualifiée à court, moyen et long terme. Actuellement, 70 % des établissements commerciaux n’ont pas d’employé(s) exclusivement dédié(s) au commerce électronique. Les types de postes consacrés à celui-ci, rencontrés dans une plus grande proportion d’établissements, sont ceux reliés à la gestion ou à la coordination et les fonctions de spécialiste Web ou des réseaux sociaux.

Ainsi, le CQCD propose d’intégrer au curriculum d’études secondaires une formation de base en numérique. Par ailleurs, il dénonce la volonté du ministère de l’Éducation de transformer le programme technique d’études collégiales en gestion de commerce de détail. Non seulement ce programme, avec 5 000 étudiants annuellement, mérite d’être maintenu, mais il gagnerait à se voir greffer des modules sur les technologies numériques et le commerce électronique.

Proposition 5

Prévoir l’acquisition de connaissances numériques de base dès le secondaire et à travers l’ensemble des programmes académiques.

Proposition 6

Maintenir le programme technique d’études collégiales en gestion de commerce de détail et y greffer des modules sur les technologies numériques et le commerce électronique.

Virage numérique des commerces

4 – Le virage numérique des commerçants

En 2020, Détail Québec estimait que seulement 36 % des détaillants réalisaient des ventes en ligne. Naturellement, le virage numérique s’est accéléré depuis.

En effet, plusieurs initiatives numériques ont été déployées au cours des dernières années, afin d’améliorer la présence en ligne des détaillants. L’ancien programme Virage numérique des détaillants du Québec, mis en place par le CQCD avec l’appui du MEI, en est un exemple concret. Ce programme a contribué à l’établissement et au développement du commerce électronique de 1 325 détaillants québécois, produisant un impact moyen net en ventes numériques projetées de 107 400 $ par détaillant.

Il a aussi provoqué des résultats positifs au niveau des ventes en boutique, des salaires et des emplois. Le programme actuel, géré par l’Association québécoise des technologies, est en continuité avec celui du CQCD. Il a pour but d’amorcer le virage avec les détaillants les moins avancés. Cependant, un constat se dégage : plusieurs commerçants seraient prêts à investir pour passer à une étape subséquente, soit d’automatiser et de fusionner leurs processus de gestion des ventes avec leur site transactionnel, afin d’en augmenter l’efficacité.

Proposition 7

Mettre sur pied un programme d’approfondissement des outils de vente numériques des détaillants du Québec.

Le gouvernement du Québec pourrait aussi étendre l’accès au programme ESSOR du MEI à des projets de moindre envergure mais, aussi, pour soutenir l’implantation de systèmes de gestion d’entreprise (ERP), de systèmes de gestion de la relation client (CRM), de systèmes de gestion logistique et d’optimisation du référencement Web, notamment.

Ces initiatives contribuent à l’augmentation de l’achalandage, la maximisation de l’expérience client et la productivité des entreprises.

Proposition 8

Étendre l’accès au programme ESSOR du MEI pour permettre une plus grande performance en ligne et l’implantation de systèmes de gestion intégrée de l’entreprise et de l’expérience client.

règlementations-commerce-de-détail

5 – Allègement réglementaire pour le commerce de détail

Le plan d’action de l’allègement réglementaire pour le commerce de détail est un plan qui a connu quelques reports. Actuellement, un projet pilote pour le secteur du dépanneur en est à ses débuts et permettra, nous l’espérons, de dégager des contraintes administratives et réglementaires, qui pourraient faire l’objet de réforme. Nous souhaitons, puisque plusieurs contraintes concernent Revenu Québec et le ministère des Finances du Québec, que les autorités donnent suite rapidement aux observations tirées du projet pilote.

Proposition 9

Accélérer le projet pilote dans le secteur du dépanneur et mettre en application, pour l’ensemble du secteur du commerce de détail, les conclusions de celui-ci.

Vous pouvez consulter et télécharger le mémoire en format PDF :